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Oui, l’alcool peut être
bénéfique
pour la santé. Cet argument réjouit les amateurs de bons vins, de
bières, de spiritueux et de cocktails de toutes sortes. Mais attention, avant
la quarantaine, n’y comptez pas trop. Et au-delà d’une
consommation
modérée, votre corps héritera deseffets
néfastes
de l’alcool. Les bienfaits ne se manifesteront qu’à
certaines
conditions et dans certains cas seulement.
«La consommation modérée et régulière d’alcool a bel et bien un effet
protecteur contre les maladies cardiovasculaires».
C’est du moins ce qu’affirme
Éduc’alcool,
un organisme québécois composé de représentants de l'industrie des boissons
alcooliques et de certaines institutions parapubliques, dédié à la prévention
et à l'éducation face à la consommation d'alcool. L’organisme vient de publier
une brochure visant à faire le point sur les effets de la consommation modérée
et régulière d’alcool. Mais ses conclusions ne font pas l’unanimité.
En se basant principalement sur deux synthèses d’études1-2, le
document indique que prendre un à deux verres d’alcool par jour - vin, bière,
liqueur ou spiritueux - diminue le risque de troubles cardiovasculaires d’au
moins 30%. L’effet bénéfique de l’alcool serait observé à partir de la
quarantaine chez les hommes et à partir de la ménopause chez les femmes.
«C’est auprès des personnes âgées de 60ans et plus que l’effet
protecteur est le plus évident», soutient l’organisme. À la lumière des
études qu’il a scrutées, Educ’alcool attribue principalement cet effet à la
capacité de l’alcool à augmenter le taux de «bon cholestérol» (HDL)
dans le sang.
Éduc’alcool émet néanmoins d’importantes mises en garde, rappelant que
cesser de fumer, bien se nourrir et faire de l’exercice sont autant de moyens
susceptibles de réduire les risques de troubles cardiovasculaires, et qu’il
n’est pas obligatoire de boire pour les prévenir. Par ailleurs, une étude de
cohorte impliquant plus de 250000Américains conclut qu’il serait
erroné d’attribuer à l’alcool l’effet protecteur observé sur les troubles
cardiovasculaires3. Selon les chercheurs, cet effet proviendrait
bien plus des habitudes de vie générales des personnes qui boivent modérément
que de la consommation d’alcool elle-même. En effet, les personnes buvant
modérément bénéficieraient d’un meilleur statut socio-économique, auraient de
meilleures habitudes alimentaires et feraient davantage d’exercice que celles
qui boivent peu ou pas d’alcool (moins d’une fois par mois).
Plus encore, les chercheurs ont constaté que 90% des facteurs de
risque de troubles cardiovasculaires reliés aux conditions de vie générales
(facteurs démographiques, sociaux, environnementaux, accès aux soins de santé,
etc.) étaient significativement plus fréquents chez les personnes ne buvant pas
que chez celles qui prennent de un à deux verres d’alcool par jour.
À la lumière de cela, les auteurs de l’étude préviennent qu’on devrait être
très prudents quand vient le temps d’interpréter les résultats d’essais non
randomisés concluant à un effet préventif de l’alcool. Même son de cloche
provenant des auteurs d’une recherche anglaise menée auprès de
6544hommes en santé, sur une période de 20ans4.
Selon eux, la prudence s’impose lorsqu’il est question de fixer un seuil
acceptable d’alcool à consommer pour obtenir un effet protecteur contre les
maladies cardiaques.
1. Alberta
Alcohol and Drug Abuse Commission (2002),
Health Benefits and Risks of
Moderate Alcohol Consumption Policy Background Paper, Alberta (AADAC).
2. American Council on Science
and Health,
Moderate Alcohol Consumption and Health, 1999. Le document est accessible à l’adresse http://www.acsh.org/publications/pubID.391/pub_detail.asp.
3. Naimi TS, Brown DW, Brewer
RD, Giles WH,
et al, Cardiovascular
Risk Factors and Confounders Among Nondrinking and Moderate-Drinking U.S.
Adults,
American Journal of Preventive Medicine, Mai2005,
Vol.28, No4, 369-73.
4. Emberson JR, Shaper AG,
Wannamethee SG, Morris RW, Whincup PH, Alcohol Intake
in Middle Age and Risk of Cardiovascular Disease and Mortality: Accounting for
Intake Variation over Time,
American Journal of Epidemiology, 1ermai2005,
Vol.161, No9, 856-63.
Source: Martin LaSalle –
PasseportSanté.net
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