De
quoi parle-t-on?
On estime qu’environ 75% des
personnes qui consomment une certaine quantité
d’alcool présentent, dans les heures qui suivent, au moins deux des
symptômes de la veisalgie (terme médical pour la
gueule de bois). En fait, la consommation d’environ 1,5g d’alcool
par kg de poids corporel (de 3 à 5 consommations pour une
personne de 60kg;
de 5 à 6 pour une personne de 80kg) conduit presque
invariablement à une veisalgie plus ou moins prononcée.
Les
symptômes de la
veisalgie surviennent plusieurs heures après la
consommation d’alcool, au moment où le
taux d’alcool dans le sang approche
de la valeur «0». Les symptômes les plus communs sont le mal de
tête, les nausées, la diarrhée, une perte de l’appétit, des tremblements et de
la fatigue.
La veisalgie est
aussi fréquemment accompagnée de tachycardie (emballement du rythme cardiaque),
d’orthostasie (chute de la tension artérielle au moment où l’on se lève), de
déficiences cognitives et de confusion visuelle et spatiale. Bien qu’il n’y ait
plus d’
alcool dans son sang, la personne souffrant de veisalgie a
véritablement les facultés affaiblies sur les plans physique et psychique.
Que
se passe-t-il dans l’organisme?
La digestion et l’élimination de
l’alcool
L’alcool
est transformé par le foie en divers composés chimiques dont l’aldéhyde
éthylique ou acétaldéhyde, une substance qui peut notamment causer des nausées,
des vomissements, des sueurs, etc., lorsque l’organisme en est saturé. Il peut
s’écouler jusqu’à 24heures pour que le corps transforme l’acétaldéhyde en
acétate, une substance aux effets nettement moins désagréables.
La digestion de
l’alcool exige un énorme effort de la part du foie. Lorsqu’il est au maximum de
sa forme, le foie peut éliminer environ 35ml d’alcool éthylique pur en
une heure, ce qui équivaut à environ une bière, un verre de vin ou 50ml
de vodka. Il vaut donc mieux ne pas lui donner davantage de travail en
absorbant des aliments trop riches en matières grasses. Voilà pourquoi il n’est
pas sage, non plus, de prendre davantage d’alcool pour faire passer la gueule
de bois. Ce serait entrer dans un cercle vicieux duquel il serait difficile de
sortir sans dégâts.
Durant
l’intoxication alcoolique et la veisalgie qui s’ensuit, l’organisme subit une
acidose,
c’est-à-dire que le corps a plus de mal que d’habitude à maintenir l’équilibre
acide/base nécessaire à son intégrité. D’où les conseils visant à éviter de
consommer des boissons ou des aliments acidifiants (jus d’orange, viandes,
etc.) et de choisir des hydrates de carbone, plutôt alcalinisants (pain,
craquelins, etc.). Notez que la caféine et l’acide acétylsalicylique (Aspirine®
ou générique) sont acidifiants.
La déshydratation
Tandis
qu’il peine à digérer l’alcool, l’organisme souffre de
déshydratation.
D’où la recommandation de boire beaucoup d’eau lors de la consommation d’alcool
et dans les heures qui suivent. Il convient également, pour contrer les effets
de la
déshydratation, de prendre des sels minéraux (jus de tomate ou de
légumes, bouillon salé, etc.) afin de remplacer les électrolytes perdus et de
rétablir l’équilibre au plus vite. Il est utile, par ailleurs, de signaler que
la caféine cause également la déshydratation, ce qui a pour effet d’accroître
la détresse physiologique.
Facteurs
aggravant la gueule de bois
La couleur de l’alcool
Diverses
autres substances, nommées congénères, entrent dans la composition des boissons
alcooliques. Certaines d’entre elles peuvent contribuer aux divers symptômes
associés à la gueule de bois. Or, ces substances sont plus nombreuses dans les
boissons alcooliques colorées (vin rouge, cognac, whisky, rhum ambré ou brun,
etc.) que dans celles qui sont claires (vin blanc, vodka, genièvre, rhum blanc,
etc.).
Bruit et lumière
Passer
de longs moments dans un endroit enfumé, bruyant et sous un éclairage
clignotant ou scintillant peut aggraver les symptômes de la gueule de bois qui
suit une fête.
Les dix trucs pour éviter la gueule
de bois ou pour en atténuer les symptômes
·
Avant une fête
bien arrosée, mangez des aliments riches en matières grasses. Le gras des
aliments ralentirait l'absorption de l'alcool et protégerait les tissus du tube
digestif contre l'inflammation causée par les acides qui sont produits lors de
la digestion de l'alcool.
- Tâchez de boire aussi lentement que possible
tout au long de la fête; limitez-vous à une consommation alcoolique par
heure.
- Gardez près de vous un verre d’eau pour étancher
votre soif. Prenez de l’eau, du jus ou une boisson non alcoolique entre
chaque verre d’alcool.
- Prenez des pauses pour manger un peu: des
hydrates de carbone et du sucre, notamment.
- Évitez par contre de consommer des aliments trop
salés.
- Évitez de mélanger différents types de boissons
alcooliques; il vaudrait mieux vous en tenir à un seul type de boisson tout
au long de la fête.
- Choisissez le vin blanc plutôt que le rouge, les
alcools blancs (vodka, genièvre, rhum blanc, etc.) plutôt que ceux qui
sont colorés (cognac, whisky, rhum ambré ou brun, etc.).
- Évitez les boissons alcooliques pétillantes et
les cocktails qui renferment du soda ou une boisson gazeuse. Les petites
bulles accélèrent les effets de l’alcool.
- Évitez de passer plusieurs heures d’affilée dans
un endroit enfumé, bruyant et où il y a un éclairage clignotant ou
scintillant.
- Prenez un ou deux grands verres d’eau avant
d’aller vous coucher.
Et
sinon, voici ce que vous pouvez faire
Boire
·
Beaucoup d’eau,
même si vous n’en avez pas envie.
- Du jus, mais évitez les jus très acides, comme
le jus d’orange. Essayez aussi une tisane à la menthe, au gingembre ou à
la camomille.
- Du jus de tomate ou de légumes mélangés. Ils
renferment des sels minéraux qui vous feront du bien.
Manger
·
Prenez du
bouillon salé, pas trop gras (de boeuf, de poulet, de légumes), même si vous
n’avez pas faim. Faites l’effort d’en prendre, au moins un peu à la fois, aussi
souvent que possible.
- Quelques craquelins ou un peu de pain grillé.
- Du miel ou du sirop d’érable; tartinez-en vos
craquelins, mettez-en dans votre tisane ou avalez-le à la cuillère.
- Un oeuf poché, un aliment qui se digère très
facilement, dès que vous vous en sentez capable.
Prendre
·
De l’ibuprofène,
pour soulager votre mal de tête.
Dormir
·
Tamisez les
lumières et fuyez le bruit.
·
Reposez-vous et
dormez tant que vous le pouvez; vous travaillerez demain, lorsque votre foie aura
fini de digérer l’alcool.
À éviter !
·
L’alcool. Le
soulagement, s’il survient, ne sera que passager et vous risquez de vous
engager sur une pente savonneuse.
- Les boissons et les aliments très acides.
- Les aliments riches en matières grasses.
- Le café et le thé ou réduisez sérieusement votre
consommation. Évitez aussi tout ce qui renferme de la caféine, comme les
boissons au cola, le chocolat ou certaines préparations pharmaceutiques
vendues pour combattre la gueule de bois qui contiennent souvent de la caféine.
- L’acide acétylsalicylique (Aspirine®
ou un générique) qui irrite l’estomac et l’acétaminophène (Tylénol®,
Atasol® ou un générique) qui solliciterait trop votre foie déjà
bien occupé. Si vous êtes tenté par un des produits pharmaceutiques
destinés à contrer la gueule de bois, lisez bien l’étiquette:
plusieurs renferment, contre toute attente, de l’acide acétylsalicylique.
- Les somnifères qui ne font définitivement pas
bon ménage avec l’alcool.
Source:
http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/Fiche.aspx?doc=gueule_bois_do
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